Chers amis,
A la réception du Nouvel An, l’heure est à l’accueil des nouveaux habitants, à la présentation du travail effectué, des projets à venir, des voeux. Le 11 novembre, nous pensons aux luttes fratricides et aux morts des dernières guerres. Le 8 mai a la saveur de la liberté retrouvée par la victoire sur la tyrannie des fascismes.
Aujourd’hui, il me semble légitime et tout naturel de parler de la démocratie et de notre République, dont la fière devise « Liberté-Egalité-Fraternité » mérite au moins une fois l’an un état des lieux, surtout lorsque s’installe un sentiment de malaise alimenté par une actualité dont les multiples facettes appellent à la réflexion et à la vigilance.
Le Maire et son conseil sont le premier cercle des responsables de la République par sa proximité avec ses concitoyens. A cet égard, et dans une fonction tout aussi vitale, je ne manquerai pas de souligner le rôle des enseignants dont la noble tâche est « d’instituer la République ».
J’ai donc pensé qu’il était indiqué en ce 14 juillet 2010 d’évoquer quelques extraits de la « Déclaration des devoirs de l’homme et du citoyen » de Boissy d’Anglas, votée par la Convention en date du 23 Germinal An III, c’est à dire en 1795.
Son article I des Déclarations des principes essentiels de l’ordre social et de la république proclame que le véritable ami du peuple est celui qui lui adresse courageusement des vérités dures. C’est lui que le peuple doit chérir, honorer et préférer dans les élections.
Voici donc quelques uns des devoirs qui doivent aujourd’hui encore, et plus que jamais, être présents à notre esprit :
En ce qui concerne les finances publiques : l’Etat n’est jamais ruiné par les dépenses indispensables, mais par les dilapidations, les rapines, la cupidité, le défaut d’économie, d’ordre, de comptabilité et de publicité.
Nul ne peut créer ou multiplier les emplois et commissions sans l’autorité de la Loi, et le nombre des commis et employés doit être réduit au nombre absolument nécessaire d’hommes doués de désintéressement, d’intelligence et de sagacité, avec un traitement suffisant et modéré.
Tout citoyen qui a pris part à l’administration doit à tout moment se tenir prêt à rendre compte de sa fortune passée et présente. La justice, plus encore que la richesse est le salut de la République et le vrai fondement du crédit national et de la confiance.
En ce qui concerne les moeurs : Le respect pour la vertu, la vieillesse, l’infirmité et la faiblesse, pour la pauvreté honnête, laborieuse, tempérante et économe, la fraternité mutuelle et la bienfaisance envers l’humanité souffrante, sont les principes essentiels de la prospérité de la République.
Ainsi, 215 ans après leur promulgation, ces articles demeurent dans leur ensemble d’une actualité brûlante, dépoussiérés et débarrassés des allusions de l’époque.
Il est certainement plus facile de parler des « droits » et on ne s’en prive pas dans notre époque : droit aux loisirs, droit au repos, à l’enseignement, au logement, ... Sans parler des combats pour le maintien des droits acquis en matière de travail, de retraite, de salaire, ... Par contre, dès que l’on aborde les « devoirs », le sujet devient plus ardu, soumis à controverses.
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Par nos actions, par nos votes, par notre exigence des hautes valeurs mises en place par la Révolution Française, nous nous devons d’apprécier notre démocratie et défendre les intérêts de la République.
La France avec ses 36 000 communes, ses maires et ses conseils municipaux, se montre dans l’ensemble exemplaire. Les instances départementales et régionales également très exposées à la vigilance des citoyens font aussi du bon travail. Mais attention aux restructurations en gestation, afin que le souci d’économie et les calculs politiciens ne soient pas en concurrence déséquilibrée.
Voilà mes chers concitoyens, la direction que prennent mes pensées en cette journée de fête nationale qui nous remet face à nos droits et à nos devoirs, ainsi qu’à ceux et celles qui se sont battus pour que nous puissions vivre paisiblement sous cette fière devise : Liberté-Egalité-Fraternité, et son additif d’actualité plus récente : Laïcité.
Chaque fois que notre foi en la démocratie et notre respect pour la République faiblissent, germent les ferments de la discorde et les risques de rupture de l’unité nationale.
Vive la République, Vive la France.